Dire adieu à un animal qu’on aime fait partie des épreuves les plus douloureuses à traverser, même pour les professionnels de la santé animale. Vétérinaires, techniciennes et techniciens en santé animale (au Québec), auxiliaires spécialisés vétérinaires (ASV, en France) et équipes soignantes vivent souvent les mêmes regrets que beaucoup d’entre nous. Malgré l’expérience et la formation, il arrive à tout le monde de se demander : « Est-ce que j’aurais pu faire autrement? Est-ce que j’ai fait le bon choix? »
Parce qu’un animal n’est jamais “juste un animal”. C’est un compagnon de route. Celui qui a traversé avec nous les années d’études, les déménagements et les peines d’amour. Une présence silencieuse, fidèle, qui a été témoin des étapes charnières de notre vie.
Alors, quand il part, on perd bien plus qu’une routine. On perd un repère, un réconfort, parfois même une partie de notre identité. Après l’euthanasie d’un animal, il est normal d’être envahi par un mélange d’émotions : tristesse, culpabilité, doutes, et ce fameux sentiment de “vide”. Rien de tout ça ne signifie que vous avez pris la mauvaise décision. Cela signifie simplement que vous aimiez profondément.
Dans cette première partie, voici cinq regrets très fréquents, partagés dans l’espoir de vous de vous apaiser et de vous aider à y voir plus clair.
1) « Pourquoi je me sens si coupable? »
Après la perte d’un animal, c’est souvent la culpabilité qui s’accroche le plus. On se repasse les dernières semaines en boucle : un symptôme qu’on n’a pas identifié assez tôt, une décision prise dans l’urgence, un choix qu’on remet en question. On se demande s’il restait une autre avenue, un autre traitement, ou la possibilité d’en faire davantage. Et au fond, ce qui fait le plus mal, c’est cette impression d’avoir trahi la confiance d’un être qui dépendait entièrement de nous.
La Dre Sunday Cozzi, vétérinaire expérimentée qui a effectué de nombreuses euthanasies à domicile, résume bien ce sentiment : la culpabilité se trouve à l’intersection de l’amour et du deuil. Quelle que soit la décision, on finit souvent par se la reprocher.
Le piège, c’est qu’on se retrouve toujours avec un “et si”. Si l’on choisit l’euthanasie, on se demande si l’on a agi trop tôt. Si l’on attend, on craint d’avoir laissé la souffrance durer trop longtemps. Et quand la peine est là, il est humain de refaire le parcours en cherchant ce qu’on aurait pu changer. Pourtant, parfois, il n’y avait rien de plus à faire.
Transformer la culpabilité en geste d’amour
L’un des conseils les plus puissants de la Dre Céline Leheurteux, fondatrice d’EUTHABAG, est le suivant : l’euthanasie n’est pas un abandon, c’est un acte d’amour profond.
En choisissant d’épargner à votre animal des souffrances supplémentaires, vous avez posé un geste ancré dans la compassion, même si ça vous a brisé le cœur. Quand la culpabilité revient, rappelez-vous que ce n’est pas la négligence qui vous a guidé, c’est l’amour, jusqu’au bout.
Demandez-vous : si vous aviez été à la place de votre animal, auriez-vous voulu continuer les traitements ou auriez-vous choisi la paix?
Ce poème touchant, Le moment venu, peut apporter du réconfort et aider à alléger la culpabilité qui accompagne souvent la décision d’euthanasier.
2) « Est-ce que j’ai agi trop tôt? »
Un des regrets les plus fréquents après l’euthanasie d’un animal, c’est d’avoir l’impression d’avoir pris la décision trop rapidement.
Est-ce que j’ai agi trop tôt? Est-ce qu’il aurait fallu attendre un signe plus évident? Après coup, beaucoup de personnes repensent aux derniers jours et se demandent si elles auraient pu gagner un peu de temps avec leur animal. Même les vétérinaires se posent ces questions quand il s’agit de leur propre compagnon. Si vous doutez, c’est normal.
Utiliser des outils pour vous aider à décider
Un questionnaire sur la qualité de vie de votre animal peut offrir une perspective plus claire et vous aider à suivre, dans le temps, les changements parfois subtils de son état. Ce n’est jamais facile, mais ce type d’outil peut apporter de la clarté dans des moments difficiles — pour prendre une décision plus sereine, basée sur l’observation plutôt que l’émotion.
Après des années auprès des animaux de compagnie, nous pouvons affirmer que c’est l’un des outils les plus utiles pour soutenir les décisions de fin de vie.
3) « Est-ce que j’ai attendu trop longtemps? »
Même quand le déclin est évident, les questions peuvent devenir envahissantes. On ne pleure pas seulement la perte : on porte aussi la peur d’avoir laissé la douleur durer trop longtemps, de ne pas avoir fait “au mieux” jusqu’au bout.
Est-ce qu’il était vraiment confortable? Est-ce qu’il a souffert? Dans ces moments-là, l’avis d’une personne extérieure peut vraiment aider à apaiser le doute. Parce que c’est une zone difficile à traverser : on se sent fragile, on hésite, et on a besoin d’être rassuré.
Parlez avec votre équipe vétérinaire
Si ces questions vous hantent, n’hésitez pas à demander de l’aide. Votre équipe vétérinaire comprend. Elle peut expliquer les signes médicaux, remettre les choses en contexte, et vous offrir le soutien empathique dont vous avez besoin.
Vous avez pris votre décision avec soin et avec accompagnement, et ça compte énormément.
Si vous n’avez pas de vétérinaire en ce moment, une consultation en télémédecine vétérinaire peut quand même vous aider. Il ne s’agit pas forcément de chercher un nouveau traitement, mais de faire le point : comprendre ce qui se passe, poser vos questions, et obtenir des repères pour la suite. Parfois, une seule conversation avec un professionnel qui connaît bien ces situations suffit à alléger l’inquiétude.
4) « J’aurais dû être là »
Certaines personnes étaient absentes — en voyage, au travail, à l’étranger pour les études — ou n’ont tout simplement pas trouvé la force émotionnelle de rester pour les derniers instants. Avec le recul, cette absence peut faire très mal. Il y a une douleur réelle à l’idée de ne pas avoir pu offrir un dernier câlin ou murmurer un dernier au revoir.
Mais sachez ceci : votre animal n’était pas seul. L’équipe vétérinaire l’a accompagné avec le même soin et la même douceur que si c’était le sien. Et beaucoup de ces professionnels ont déjà vécu la même chose. Ils comprennent.
Être présent est un choix personnel
La Dre Céline rassure souvent les familles : d’après son expérience, les animaux ne semblent pas plus stressés lorsque leurs proches ne sont pas présents pendant l’euthanasie. Chaque au revoir est différent, et vous seul savez ce que vous êtes capable de traverser à ce moment-là.
Laisser aller à distance ne veut pas dire que vous l’aimiez moins — parfois, c’est la décision la plus courageuse.
5) « Je ne lui ai pas dit un vrai au revoir »
Dans le brouillard des rendez-vous, des larmes et des décisions urgentes, certains réalisent trop tard qu’ils n’ont pas eu l’impression de dire au revoir “comme il faut”. Ils auraient voulu quelques minutes de plus : tenir leur animal dans leurs bras, lui dire merci, être pleinement présent pour ses derniers souffles.
Un au revoir personnalisé peut apaiser ce regret. Certaines personnes écrivent quelques mots sur la housse mortuaire EUTHABAG de leur animal, transformant un moment difficile en geste de lien et de guérison.
Créer un rituel qui vous ressemble
Créer un rituel — écrire une lettre d’adieu, allumer une bougie, choisir un lieu de repos significatif — peut marquer doucement le début du deuil. Les rituels offrent plus que du réconfort : ils aident à se sentir ancré et un peu moins impuissant dans une période qui peut autrement sembler chaotique.
Ils donnent un sens au moment, façonné par vos valeurs et votre amour pour votre animal. Et plus tard, en y repensant, ils peuvent vous rappeler que vous avez agi avec intention, avec soin, et en cohérence avec ce qui compte le plus pour vous.
Demander un EUTHABAG à l’avance pour un adieu plus doux
Les équipes vétérinaires font souvent de leur mieux pour créer un contexte respectueux et apaisant lorsque vient le moment de dire adieu. Elles peuvent tamiser les lumières, offrir une petite mèche de poils en souvenir, ou remettre une carte de condoléances… des petits gestes qui comptent plus qu’on ne le croit.
Mais ce sont souvent les rituels personnels qui apportent la plus grande sensation d’apaisement. C’est pourquoi vous pouvez demander un EUTHABAG à l’avance : pour y écrire un mot, dessiner, ou le décorer d’une façon qui reflète votre lien avec votre animal. Ces gestes simples peuvent transformer la peine en quelque chose de plus porteur, enraciné dans l’amour que vous avez partagé.




