Après l’euthanasie d’un animal, les émotions peuvent être nombreuses, parfois contradictoires. Tristesse, culpabilité, soulagement, confusion : chaque personne vit ce moment à sa façon, selon les circonstances, le lien qui l’unissait à son animal et la manière dont les derniers instants se sont déroulés.
Dans cette deuxième partie, nous poursuivons notre liste des regrets les plus fréquents après l’euthanasie d’un chien ou d’un chat.
6) « J’aurais dû faire les choses autrement »
Avec le recul, plusieurs familles réalisent que la qualité de vie de leur animal s’était beaucoup détériorée dans les dernières semaines ou les derniers mois. Sur le moment, il peut être difficile de le voir clairement, surtout lorsqu’on est pris dans les examens, les traitements, les rendez-vous et l’espoir de gagner encore un peu de temps.
Certaines personnes regrettent aussi de ne pas avoir été mieux préparées à l’euthanasie, autant sur le plan pratique qu’émotionnel. Elles auraient aimé comprendre plus clairement ce qui allait se passer, savoir à quoi s’attendre et être mieux préparées à ce qu’elles pourraient ressentir après. Ce regret revient souvent lorsque la décision doit être prise rapidement, à la suite d’un accident, d’une maladie soudaine ou d’une visite imprévue en centre d’urgence.
Pour aider les familles à se sentir mieux préparées, nous avons rassemblé des ressources sur l’euthanasie animale et les soins post-mortem. Elles permettent de mieux comprendre ce qui peut se passer avant, pendant et après le rendez-vous à la clinique.
Plusieurs personnes sont également surprises par la rapidité du décès. Même lorsque l’euthanasie se déroule avec douceur et calme, elles imaginent parfois des adieux plus démonstratifs, comme ceux qu’on voit dans les films. Elles ne s’attendent pas à ce que leur animal parte aussi vite, en silence.
7) « J’ai eu l’impression que mon animal souffrait pendant l’euthanasie »
Certaines personnes craignent que leur animal ait ressenti de la douleur ou de la peur pendant l’euthanasie, ce qui peut entraîner un grand sentiment de culpabilité et des regrets.
Il est important de rappeler que le mot euthanasie vient du grec et signifie « bonne mort ». En médecine vétérinaire, l’euthanasie est précisément conçue pour offrir un départ aussi paisible et indolore que possible.
Les équipes vétérinaires consacrent leur vie au bien-être animal. Elles ne pourraient pas poser cet acte s’il causait systématiquement de la douleur ou de la détresse.
Dans la majorité des cas, l’animal reçoit d’abord un médicament calmant ou sédatif. Une dose d’anesthésique est ensuite administrée afin qu’il s’endorme profondément et parte doucement, sans souffrance.
« C’était quoi, ce bruit? »
Dans de rares cas, certains chiens peuvent présenter une respiration irrégulière ou bruyante dans leurs derniers instants. On parle alors de respiration agonique. Elle peut ressembler à des halètements, à de longues inspirations réflexes ou à une respiration profonde et espacée.
Même si elle peut être bouleversante à voir ou à entendre, la respiration agonique est un réflexe naturel du corps qui s’arrête progressivement. Elle ne signifie pas que votre animal souffre. À ce stade, le cerveau n’est plus en état d’éveil, et votre animal n’a pas conscience de ces mouvements.
8) « J’aurais aimé marquer ce moment d’une façon plus personnelle »
Certaines personnes regrettent de ne pas avoir marqué ce moment d’une façon plus personnelle : conserver une empreinte de patte, garder une mèche de poils ou organiser une petite cérémonie pour honorer la mémoire de leur compagnon.
Le jour de l’euthanasie, il peut être difficile de réfléchir à ces options, et c’est tout à fait normal. Votre équipe vétérinaire peut vous mettre en contact avec un service de soins post-mortem. Ces professionnels connaissent bien le deuil animalier et pourront vous guider avec respect.
Il existe plusieurs façons d’honorer la mémoire de votre compagnon, selon vos valeurs, votre budget et ce qui vous ressemble. Vous pourriez, par exemple :
créer un album avec vos photos et vos souvenirs préférés;
planter un arbre en sa mémoire;
faire fabriquer un bijou contenant une petite quantité de ses cendres;
commander un portrait à partir d’une photo.
Nous avons aussi rassemblé plusieurs idées pour honorer la mémoire de votre animal. Des plateformes comme Etsy peuvent également vous inspirer si vous cherchez un souvenir artisanal ou personnalisé.
9) « J’ai eu l’impression que tout allait trop vite »
Certaines personnes regrettent de ne pas avoir eu le temps ou le recul nécessaire pour prendre leur décision plus sereinement. La pression peut venir d’un conjoint, d’un membre de la famille, de l’état de santé de l’animal ou de contraintes très concrètes du quotidien. Dans un moment aussi chargé, chaque détail pèse plus lourd. Tout peut alors donner l’impression d’aller trop vite.
Il est aussi fréquent de ne pas tout retenir de ce que l’équipe vétérinaire explique. Dans un moment aussi émotif, certaines informations passent trop vite ou deviennent difficiles à assimiler. Plusieurs personnes sont aussi surprises par la rapidité avec laquelle leur animal s’éteint une fois l’injection administrée. C’est beaucoup à vivre, à comprendre et à absorber en très peu de temps.
Demander une consultation pré-euthanasie
Lorsque la situation le permet, vous pouvez demander une consultation pré-euthanasie à votre clinique vétérinaire. Cette rencontre permet de mieux comprendre l’état de votre animal, de poser vos questions et de parler de vos inquiétudes avant le jour de l’euthanasie.
Être informé à l’avance ne rend pas l’adieu facile. Mais cela peut vous aider à vous sentir plus préparé, moins pris au dépourvu, et plus présent lorsque le moment arrive.
10) « Je n’ai pas dit la vérité à mes enfants »
Certains regrets concernent aussi la façon dont la situation a été expliquée aux enfants ou aux proches. Par désir de protéger, on peut être tenté d’éviter certains mots, de minimiser ce qui se passe ou de repousser la conversation. Mais le silence ou les explications floues peuvent parfois créer plus de confusion et rendre le deuil plus difficile.
Il est normal de vouloir épargner les enfants. Mais, dans la plupart des cas, des mots simples, vrais et adaptés à leur âge sont plus aidants que le silence.
Des conversations simples, honnêtes et adaptées peuvent aider les enfants à comprendre la perte de leur animal et à vivre leur propre deuil.
Pour accompagner les familles dans cette période difficile, nous avons réuni plusieurs ressources sur le deuil animalier. Vous pouvez notamment consulter notre liste de livres pour enfants et adultes, qui rassemble des histoires et des guides pour aborder ces conversations avec plus de douceur.
Avancer avec moins de regrets
Perdre un animal aimé laisse un vide profond. Ce vide ne disparaît jamais complètement, parce qu’il est lié à une présence qui a compté, à des gestes du quotidien, à un amour fidèle et inconditionnel. Avec le temps, la douleur peut devenir moins vive, moins constante. Mais elle témoigne toujours du lien que vous avez partagé.
Si vous avez des regrets après l’euthanasie de votre animal, sachez que vous n’êtes pas seul. Vous avez pris les meilleures décisions possibles avec l’amour, les informations et les ressources dont vous disposiez à ce moment-là.
Le deuil est l’écho de l’amour. Il rappelle à quel point votre animal a été aimé.
